Pourquoi une clinique de l’illettrisme ?

Nous ne voulons plus subir le discours courant sur l’illettrisme. Il a suffisamment montré comment l’absence de discours se met au service de la démagogie et de l’inefficacité.*

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Nous ne voulons plus de statistiques qui ne servent à rien et se contredisent les unes les autres, ni des terminologies guerrières comme “lutte contre l’illettrisme” ou “vaincre et éradiquer l’illettrisme”. Nous l’avons dit plus haut, nous travaillons avec et pour les illettrés. Si nous devions être en guerre, ce serait plutôt contre ceux qui accaparent les budgets publics pour ne rien faire

Nous souhaitons participer avec d’autres à bâtir une clinique de l’illettrisme qui permettrait à chacun des intervenants concernés de pouvoir travailler ensembles sur un corpus unique auquel s’agrégeraient petit à petit les expériences et le savoir-faire des uns et des autres et qui deviendrait ainsi exploitable par le plus grand nombre.

Rêve ou utopie ?…

Vous qui venez sur ce site, vous pouvez contribuer à étoffer ce début de clinique de l’illettrisme ! Envoyez nous des textes, des cas cliniques, des témoignages… !

 

Quelques exemples de cas particuliers

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Sartre, de la mauvaise foi à l’hontologie..! par Christian Demoulin – .Pour Sartre, lorsqu’il écrit L’être et le néant, la psychanalyse freudienne, c’est essentiellement le refoulement et le complexe d’Œdipe. Nous avons une conception différente. En effet, pour Lacan, ce n’est pas le complexe d’Œdipe qui est central – il est allé jusqu’à dire dans le séminaire L’envers de la psychanalyse

D’où vient l’illettrisme chez les personnes sourdes, intervention de Marie-Thérèse L’Huillier – – Beaucoup d’enfants sourds sont en échec à l’école. Alors, l’espace culturel bibliothèque peut innover : Il s’agit de créer des liens entre les enfants sourds, les parents et les professionnels sourds et entendants, qui permettent ainsi une sensibilisation à la lecture et favorisent une liberté d’expression autour de la littérature en dehors des conflits pédagogiques en français oral et en langue des signes.

N’est lisible que ce qui trouve son écriture après coup : Extrait de “J. Lacan lecteur de E. Gilson”, par Jean-Michel Vappereau – L’écrit n’est pas caractérisé par la conservation (des traces, des inscriptions, des paroles, des pensées…). L’écrit est caractérisé par la composition, à entendre comme système d’articulation (syntaxe et condensation), de caractères en usage dans un discours.

Bord et trait Quelques remarques et questions à propos d’un enfant autiste – Assiste-t-on à la mise en place d’une écriture?

Clinique du Nœud : Marx le Symptôme : Nous allons pouvoir aborder le symptôme Marx. Il s’agit du schéma I noué, que nous allons appeler: Marx le symptôme. Le nœud de ce schéma est le complexe d’Oedipe, (sigma), que je vais appeler le symptôme et qui va se transformer en sinthome, c’est le nœud, c’est ce que j’ai ajouté au délire du Président Schreber pour construire une présentation de l’appareil psychique chez les psychotiques, dont nous dépendons tous en tant que psychotiques. C’est ce que j’appelle la subjectivité scientifique.

On ignore toujours ce que l’on veut savoir : La langue, la lalangue comme l’appelle Lacan, signifie ce qui traverse un sujet et le constitue comme humain.

Illettrisme et délire de netteté : Un délire de netteté produit par un vide de sens d’une formule écrite. Plus rien ! C’est comme cela que se produit l’intrusion de l’illettrisme dans le savoir !

Le symbolique comme outil de passage de la dimension 2 à la dimension 3 : C’est le symbolique qui, seul, par un accrochage au réel, permet et organise la possibilité du passage de la dimension 2 à la dimension 3. Le vide (symbolique) en est l’outil.

Illettrisme et Phobie : Au début de notre travail de recherche sur les causes de l’illettrisme, nous avons cru remarquer que la manifestation de ses symptômes présentait certains aspects de la psychose. Nous avons constaté plus tard que cela se rapprochait plutôt du symptôme obsessionnel.

Du bon usage de l’illettrisme : Où l’illettrisme fort à propos, sert de support à crier au monde la souffrance intolérable d’une mère.

L’illettré et le bègue : Problème d’identité; L’illettré ne pouvant se revendiquer comme inscrit dans le catalogue du vivant souffre à l’instar de ce qu’il lit, d’un problème d’identité.

L’illettré et la méprise du sens : Histoire de sexuation : Que constate-t-on chez l’illettré ? Une impossibilité de découper la phrase en séquences, et une impossibilité de faire d’une phrase la séquence d’un texte.

Métaphore et Sexuation :

Pour la psychanalyse, en dehors de la psychose, le symptôme se résume dans l’inconscient à trois possibilités d’envisager la sexuation :

1. L’hystérique et le « Ou-ou ». – Suis-je un homme ou une femme ou un homme ou

2. L’obsessionnel et le « Ni-ni » – Ni un homme ni une femme, foutez moi la paix…

3. Le pervers et le : « Oui à condition que non »

Clinique de l’illettrisme – Les aphasies : par R. Jakobson. Pour l’auteur le trouble de la similarité rend compte des aphasies sensorielles (du type WERNICKE pour les neurologues). Dans ces affections il note que la contiguïté détermine tout le comportement verbal.

Le mutisme (autisme ?) et la lecture : Il vient depuis un an environ. Il est très bien élevé et ne parle que très rarement et très doucement, un peu à l’ancienne mode, très lentement en pesant bien chaque mot. C’est très agaçant !

La double négation (ou le Mot d’Amour) : Il y a une différence fondamentale dans le domaine de la parole, entre “ne pas parler” et dire : “je ne parlerais pas”.

L’illettré et le pouvoir : Le refus du pouvoir : Lorsque le social parle de la violence des jeunes, j’entend qu’on veut parler de la colère des jeunes. La différence entre les deux tient au sentiment de juste qui accompagne la colère.

Le faux illettré : La force du pouvoir : Un humain qui ne veut pas lire, écrire ou parler à souvent de bonnes raisons pour cela. Des raisons qui mettent en jeu son existence même et qui toujours s’articulent autour de la notion de sexuation.

Sexué-oui ou sexué-non ? : Pour les humains, hélas, il n’y a pas d’autre référent que le “féminin” ! Or, du féminin, l’homme n’en veut pas, et la femme non plus. Sans féminin, il n’y a plus de genre !

Le signifiant “s’en tirer” : Nul n’est à l’abri d’un moment de faiblesse qui ne lui laissera plus appréhender seulement que le versant imaginaire du signifiant. Il suffit pour cela d’une confrontation au discours du pervers. Le pervers excelle à vous entraîner sur sa pente.

L’Amour du tout : Pour pouvoir lire il faut être vivant symboliquement. Ce Tout, on le retrouve chez les acharnés défenseurs actuels de “la différence” dont le seul leitmotiv est “métissage” (que ce soit la “worldmusic” ou l’art en général), c’est à dire un refus total de la différence qui vient d’un abord purement imaginaire du problème .

Une topologie de l’illettrisme : Nous partons du principe que pour pouvoir lire il faut, par le biais du franchissement de la “mort symbolique”, s’être enregistré comme être sexué, ce qui ne signifie rien d’autre qu’avoir renoncé à être répertorié “non répertorié”.

L’illettrisme et Vide symbolique : Que se passe-t-il lorsqu’à l’approche de la castration s’ébauche tout à coup le vide symbolique qui n’est autre qu’une intériorisation de l’extérieur ?