J'ai
le souvenir d'avoir organisé, il y a des années, dans un "IME"
(Institut Médico Éducatif), un groupe d'accueil pour recevoir
les enfants qui y étaient admis dès l'âge de 6 ans. J'avais crée
ce groupe afin que soit parlé aux enfants ce qui les faisait se
retrouver là et aussi pour éviter que ne se reproduisent
certaines violences provenant de ce qu'on les enfermait loin de
chez eux sans rien leur dire.
Un
jeune maghrébin de 14 ans, monté en graine se présenta un jour,
visiblement non concerné par une pathologie quelconque.
A ma question qui était de lui
demander si il savait où il était et s’il savait pourquoi il
était là, il répondit qu’il voyait bien qu’il était chez “les
gogols” et qu'il était là pour s’être fait virer de 5 écoles
pour arriération mentale et "illettrisme".
Le recevant à part
le groupe des autres, je lui demandais pourquoi il n'avait pas
essayé d'apprendre l'arabe.
Il me répondit alors
qu'il parlait, lisait et écrivait parfaitement l'arabe.
Eh bien ce
n'était pas un illettré !
Ses seuls problèmes
étaient le chauvinisme et l'ignorance de l'administration qui ne
prenait en compte que son impossibilité d'apprendre à écrire,
lire et parler : "le français".
Le père, arabe et
immigré depuis plus de vingt ans avait vidé les poubelles de
banlieue en continuant à parler arabe en n'ayant qu'un minimum
de mots en français.
Le fils ne voulait
pas dépasser son père.
Il ne resta pas dans
l'institution, mais nul doute que la semaine suivante il ait dû
être accepté dans un autre endroit comme handicapé mental.
Un travail simple et
aisé aurait eut facilement raison des causes de son peu
d'intérêt pour le français.