Fg. Du Temple, dimanche 6 mars 2005.
On a fait aujourd'hui du concept de mixité, une tautologie comme avec la notion de métalangage ou celle d'ontologie. Le tintamarre de l'évangélisme actuel sur les thèmes de la "Tolérance" et du respect de la "Différence" aboutit à celui de "la mixité" lequel se résume à une haine de toute différence en créant les théories du métissage, de la world music et de planète globale.
Accepter l'autre, ce n'est pas faire comme s'il était semblable à nous ni l'assimiler après avoir gommé, éradiqué tout ce qui faisait sa différence ou la nôtre, sacrifiant ainsi ce qui fait chacun être lui, sur l'autel d'une identité imaginaire.
Accepter l'autre, c'est marquer et pointer dans notre parole et nos actes, que nous constatons à chaque instant ce qui fait sa différence, laquelle nous reconnaissons être au moins aussi valable que notre propre vision du monde. Ainsi un aveugle possède un "radar" qui après un temps lui permet de percevoir le monde aussi bien que nous et même mieux bien que de façon différente.
Ce n'est pas dire, "j'aime et je veux aider tout le monde".
On sait, depuis l'avènement de la psychanalyse, que l'amour de l'autre ou l'énonciation de le vouloir aider (même malgré lui parfois) est la marque d'une haine farouche refoulée et d'un désir de destruction totale de l'autre.
Pourquoi alors, tant d'efforts au service d'une pensée avortée ?
L'enjeu en est de ne pas tenir compte de l'aspect symbolique de la Sexuation et donc de la Filiation. L'enjeu est de nier cette place de l'Autre (avec un grand "A") qui est la place de la Parole (avec un grand "P"). Cet "Autre" qui, chez quelqu'un de non inscrit, non enregistré dans sa sexuation, engendre la haine crée par la mauvaise conscience de n'avoir pas été soi-même sa propre origine. L'enjeu est de faire comme si nous nous étions mis au monde nous-mêmes. Il est de nier la personne troisième de la Trinité ou de la grammaire, ce fameux "IL" qui nous nargue jusque dans le mot "ILLETTRISME".
Qu'est ce que la sexuation ?
Elle est autre chose que la sexualité.
La sexualité, nous laissons cela aux "spécialistes", à la télévision et aux journaux à la mode dont le travail acharné ne laisse pas de vouloir nous prouver que ce qui nous manque (le bonheur) est du côté solide, du visible, du vrai, du bon, "du bon dubonnet", comme disait le psychanalyste Lacan.
En un mot la sexualité serait du côté de ce qui se voit…D'où l'intérêt de toute cette clique pour la notion du voir ou du donner à voir. À tout prix, il s'agit d'essayer de voir ! (La pornographie, le loft…etc, ces escroqueries dont c'est trop faire cas que d'en parler).
La Sexuation, c'est tout autre chose, c'est ce qui dans son mode de reproduction partage le monde du vivant en deux catégories et deux seulement :
- D'une part, ce qui est non sexué et immortel comme l'amibe.
- D'autre part, ce qui est sexué et mortel comme l'humain.
Le problème, c'est que l'humain naît sexué virtuellement mais qu'il doit enregistrer symboliquement sa sexuation pour qu'elle fasse effet.
Il y a donc en permanence des humains pas encore sexués (97 % de la population mondiale actuelle) et des humains sexués-oui (3 %).
Être sexué, ce n'est pas être "ou homme ou femme", c'est ce qui s'oppose à non sexué. Il n'y a que deux cases, sexué et pas sexué.
La différence mâle/femelle est autre chose.
Or ce qui fait problème à ce niveau, c'est le fait que, si le conscient même du plus demeuré des humains perçoit très bien la différence entre un homme et une femme, l'inconscient lui, n'a pas accès à la contradiction et homme et femme y sont identiques.
Il s'agira alors de trinitariser la pensée binaire d'homme et femme.