Nous verrons plus loin que la sexualité est
référencée au binaire (homme-femme), et que la
sexuation est un rapport à trois qui fait
intervenir ce que nous appelons l'Autre sexe.
Autre sexe dont la fonction, est de permettre
d'affronter, en autres choses, le déchiffrage de
la lecture en différenciant les petites lettres et
les mots du texte qu'on lit !
Les illettrés, les véritables illettrés
,
sont toujours très surpris de constater quand ils
y parviennent que les lettres de l'alphabet ont
deux prononciation.
Ainsi, la lettre
Z se prononce "zed" comme
lettre de l'alphabet, mais se prononce "zz" à la
lecture. S se prononce "esse" dans la suite
orthographique et "ss" ou "zz" à la lecture (ou
aucun son comme dans le "S" final de "nous autres").
Pas si facile !
Alors bien sur, pour
A qui est la première
des lettres qu'on enseigne aux enfants ou aux
illettrés, il y a un hic, c'est que A comme lettre
alphabétique se prononce de la même façon que la
lettre lue "A".
Quel bazar !
Nous qui avons accès à la lecture ne nous rendons
même plus compte de toute cette articulation
complexe quand nous nous en servons.
C'est comme si, une fois les choses enregistrées,
on n'avait plus besoin de savoir comment elles
fonctionnent pour les utiliser.
C'est ça la raison d'être de l'enregistrement
comme fonctionnalité, cela s'articule autour du
consensus qui lie les humains en tant que sexués
dans l'usage de la parole.
On
voit de suite que chaque lettre, une fois qu'elle
est enregistrée par un humain, fait référence à
trois choses :
| |
sa propre graphie, l'écriture (le visible) |
| |
sa prononciation
comme lettre d'orthographe (l'audible) |
| |
sa prononciation dans la lecture des mots d'un
texte (l'interprétable). |
Il
y a trois termes, ce n'est pas binaire !
Ainsi, la sexualité est un mauvais réfèrent pour
parler de la différence des sexes, car sa
référence au binaire ne prend pas en compte le
fait qu'un humain passe une partie de sa vie avec
une sexuation non enregistrée.
Le
domaine de la sexuation lui aussi, nous propose le
choix entre deux opportunités, qui sont : être
sexué ou non sexué.
Le
vivant est soit sexué (comme les humains), soit
non sexué (comme les amibes qui se reproduisent
par scissiparité).
Les humains ont en plus une obligation
d'acceptation, d'enregistrement par chacun, de
cette sexuation afin qu'elle produise toute son
efficacité, comme une déclaration de naissance.
L'enregistrement est une formalité symbolique qui
rend ce qu'elle enregistre opposable à tous, y
compris à celui dont il est question et qui se
trouvera de ce fait n' avoir plus recours à la
dénégation du genre : "je n'y étais pas".
L'enregistrement débouche sur une existence de
plein droit de la chose enregistrée.