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LITURATERRE |
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Groupe psychanalytique
européen de recherche et de formation sur :
les
causes de l'illettrisme |
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Illettrisme
psychanalyse philosophie et topologie :
Les désarrois de l’individu-sujet,
par Dany-Robert Dufour
Directeur de programme au Collège international de philosophie,
Paris. Auteur, entre autres, de :
On achève bien les hommes,
Denoël, Paris, 2005.
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 février
2001 Pages
16 et 17
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CETTE NOUVELLE CONDITION HUMAINE
Les désarrois de l’individu-sujet
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Dans un article
intitulé « L’essence
du néolibéralisme »,
paru en mars 1998 dans
Le Monde diplomatique, Pierre
Bourdieu proposait de concevoir le
néolibéralisme comme un programme de
« destruction des structures
collectives » et de promotion d’un
nouvel ordre fondé sur le culte de
« l’individu seul, mais libre ». Que le
néolibéralisme vise à la ruine des
instances collectives construites de
longue date (par exemple, les syndicats,
les formes politiques, mais aussi la
culture), c’est très probable, et
l’analyse de Pierre Bourdieu est, sur ce
point, fort pénétrante. Mais il semble
nécessaire de pousser la réflexion plus
loin : peut-on penser que le
néolibéralisme, dans son œuvre de
destruction, puisse laisser intact
l’individu-sujet ?
A notre
époque, celle des démocraties libérales,
tout repose, en fin de compte, sur le
sujet - sur l’autonomie économique,
juridique, politique et symbolique du
sujet. Or c’est dans le même temps que
se rencontre, à côté des expressions les
plus infatuées d’être soi, la plus
grande difficulté d’être soi. Les formes
de la destitution
subjective qui envahissent nos
sociétés se révèlent par de multiples
symptômes : l’apparition de défaillances
psychiques, l’éclosion d’un malaise dans
la culture, la multiplication des actes
de violence et l’émergence de formes
d’exploitation à grande échelle. Tous
ces éléments sont vecteurs de nouvelles
formes d’aliénation et d’inégalité.
Ces
phénomènes sont fondamentalement liés à
la transformation de la condition du
sujet qui s’accomplit sous nos yeux dans
nos « démocraties de marché ». « Etre
sujet », c’est-à-dire « être-soi » et « être-ensemble »,
se présente selon des modalités
sensiblement différentes de ce qu’elles
furent pour les générations précédentes.
L’émergence de ce nouveau sujet
correspond à une cassure dans la
modernité que plusieurs philosophes ont
notée, chacun à leur façon. L’entrée
dans cette époque « postmoderne » -
Jean-François Lyotard (1) fut un des
premiers à pointer le phénomène - se
caractérise par l’épuisement et la
disparition des grands récits de
légitimation, notamment le récit
religieux et le récit politique. On
assiste à la dissolution même des forces
sur lesquelles la modernité classique
s’appuyait, ainsi qu’à la disparition
des avant-gardes. D’autres éléments
illustrent la mutation actuelle dans la
modernité ; ils ne sont pas sans rapport
avec ce que nous connaissons sous le nom
de néolibéralisme ; le postmoderne est à
la culture ce que le néolibéralisme est
à l’économie.
Cette
mutation, qui provoque un nouveau
malaise dans la civilisation, correspond
à ce qu’on pourrait appeler une
affirmation du mécanisme d’individuation
engagé de longue date dans nos sociétés
(2). Affirmation qui, à côté de certains
aspects positifs liés aux progrès de
l’autonomisation de l’individu, n’est
pas sans engendrer des souffrances
inédites. Car, si l’autonomie du sujet
se proclame sous l’idéal de visée
émancipatrice, rien n’indique que chacun
soit en mesure d’y satisfaire, notamment
parmi les nouvelles générations exposées
de plein fouet à cette exigence. La
fameuse « perte de repères chez les
jeunes » n’a alors rien d’étonnant :
ceux-ci expérimentent une nouvelle
condition subjective dont personne, et
sûrement pas les responsables de leur
éducation, ne possède les clefs. Et il
est illusoire de croire que quelques
leçons de morale à l’ancienne pourraient
suffire à enrayer les dommages.
Cela ne
marche plus, car la morale doit être
faite « au nom de ». Or, justement, on
ne sait plus au nom de qui ou de quoi
leur parler. L’absence d’énonciateur
collectif crédible caractérise la
situation du sujet postmoderne, sommé,
sans en avoir les moyens, de se faire
lui-même et auquel aucune antécédence
historique ou générationnelle ne
s’adresse ou ne peut plus légitimement
s’adresser.
Mais
qu’est-ce au juste qu’un sujet
autonome ? Cette notion a-t-elle même un
sens dans la mesure où le « sujet »,
comme on a trop tendance à l’oublier,
c’est en latin le subjectus, qui désigne l’état de qui
est soumis ? Mais soumis à quoi ?
Cette
question a toujours beaucoup intéressé
la philosophie : l’être humain est une
substance qui ne tient pas son existence
de lui-même, mais d’un autre auquel les
ontologies successives ont donné des
noms différents : la Nature, les Idées,
Dieu ou... l’être. L’être, quel qu’il
soit, n’a cessé de s’incarner dans
l’histoire humaine. Et c’est cette
construction historico-politique, cette
ontologie, que le passage à la
postmodernité bouleverse et dont elle
constitue une nouvelle étape.
Pour
désigner cette réalisation de l’être
dans l’histoire, on empruntera à Lacan
le nom d’Autre, de
façon à bien la distinguer de son aspect
purement spéculatif et à y inclure les
dimensions symboliques et cliniques.
Quelles figures de l’Autre l’être humain
a-t-il construites pour s’y soumettre,
avant que de se mettre en position de
s’affranchir de tout Autre ?
Si le
« sujet », c’est le
subjectus, ce qui est
soumis, alors
l’histoire apparaît comme une suite de
soumissions à de grandes figures placées
au centre de configurations symboliques
dont on peut assez aisément dresser la
liste : la Physis
(3) dans le monde grec ; Dieu dans les
monothéismes ; le roi dans la
monarchie ; le peuple dans la
république ; la race dans le nazisme ;
la nation avec l’avènement des
souverainetés ; le prolétariat dans le
communisme... Soit des récits
différents, qu’il fallut chaque fois
édifier à grand renfort de
constructions, de réalisations, voire de
mises en scène très exigeantes.
Tous ces
ensembles ne sont pas équivalents :
selon la figure de l’Autre choisie,
toutes les contraintes, les rapports
sociaux et l’être ensemble changent.
Mais ce qui reste constant, c’est le
rapport à la soumission - et, bien sûr,
les efforts concomitants pour lui
échapper. Partout, des textes, des
grammaires et tout un champ de savoirs
furent mis au point pour soumettre le
sujet, c’est-à-dire pour le produire
comme tel, pour régir ses manières -
éminemment différentes ici et là - de
travailler, de parler, de croire, de
penser, d’habiter, de manger, de
chanter, de mourir, etc. Et ce que nous
nommons « éducation » n’est jamais que
ce qui fut, institutionnellement, mis en
place au regard du type de soumission à
induire pour produire des sujets.
Au
centre des discours du sujet se trouve
donc placés une figure, un ou des êtres
discursifs, auxquels il croit comme
s’ils étaient réels - des dieux, des
diables, des démons, des êtres qui, face
au chaos, assurent pour le sujet une
permanence, une origine, une fin, un
ordre. L’Autre permet la fonction
symbolique dans la mesure où il donne un
point d’appui au sujet pour que ses
discours reposent sur un fondement (4).
L’être-soi
et l’être-ensemble
SANS cet
Autre, l’être-soi est en peine, il ne
sait plus en quelque sorte à quel saint
se vouer, et l’être-ensemble est, de
même, en péril, puisque c’est seulement
une référence commune à un même Autre
qui permet aux différents individus
d’appartenir à la même communauté.
L’Autre, c’est l’instance par quoi
s’établit, pour le sujet, une
antériorité fondatrice à partir de
laquelle un ordre temporel est rendu
possible. C’est de même un « là », une
extériorité grâce à laquelle peut se
fonder un « ici », une intériorité. Pour
que je sois ici, il faut en somme que
l’Autre soit là.
La
psychanalyse, notamment lacanienne, a
beaucoup apporté sur cette question clef
de l’accès à la symbolisation. Elle est,
en revanche, restée assez indifférente à
la question de la variance de l’Autre
dans l’histoire. Dans l’époque
postmoderne, il apparaît tout de suite
que la distance à ce qui me fonde comme
sujet ne cesse de se raccourcir. Entre
la Physis et le
peuple, on pouvait scander certaines
étapes-clefs de rentrée de l’Autre dans
l’univers humain : la distance immédiate
et cependant infranchissable des
multiples dieux de l’instant de la
Physis ou des dieux
du polythéisme, toujours prêts à se
manifester immédiatement dans le monde.
C’est, au contraire, la distance infinie
de la transcendance dans le monothéisme.
C’est encore la distance médiane du
trône entre Ciel et Terre dans la
monarchie (de droit divin). C’est,
enfin, la distance « intra-mondaine »
entre l’individu et la collectivité dans
la république...
La
modernité peut donc se caractériser
comme un espace collectif où le sujet
est défini par plusieurs de ces
occurrences de l’Autre. On est moderne
quand le monde cesse d’être fermé et
devient ouvert, voire « infini » - y
compris dans ses références symboliques.
La modernité est donc un espace où se
trouvent des sujets comme tels, soumis
aux dieux, à Dieu, au roi, à la
république, au peuple, au prolétariat...
Toutes les définitions cohabitent dans
la modernité, qui n’aime rien tant que
de muter de l’une à l’autre - ce qui
explique ce côté mouvant, « crisique »
et critique de la modernité.
La
modernité est un espace où, le référent
dernier ne cessant de changer, tout
l’espace symbolique devient mouvant. Il
y a donc de l’Autre dans la modernité,
et même beaucoup d’Autres, ou du moins
beaucoup de figures de l’Autre. C’est
d’ailleurs exactement pourquoi la
condition du sujet peut être définie par
deux éléments : la névrose, ainsi qu’on l’appelle
depuis Sigmund Freud, du côté de
l’inconscient et la critique du côté des processus
secondaires. La névrose,
dans la mesure où elle n’est rien
d’autre que ce par quoi chacun paie sa
dette symbolique à l’égard de l’Autre
(le père, pour Freud), qui a pris, pour
lui, en charge la question de l’origine.
Et la critique, dans
la mesure où le sujet de la modernité ne
peut être qu’un sujet jouant de
plusieurs références en concurrence,
voire en conflit. Ce dernier aspect est
évidemment décisif quant à l’éducation :
en tant qu’institution interpellant et
produisant des sujets modernes, elle ne
peut exister que comme espace défini par
la pensée critique. Le sujet moderne
était donc, globalement, un sujet
névrosé et critique.
C’est
cette définition double qui vient de
s’effondrer. Pourquoi ? Parce qu’aucune
figure de l’Autre ne vaut plus vraiment
dans la postmodernité. Il semble que
tous les anciens, tous ceux de la
modernité, soient certes encore
possibles et disponibles, mais que plus
aucun ne dispose du prestige nécessaire
pour s’imposer. Tous sont atteints du
même symptôme de décadence. Et l’on n’a
pas cessé de noter le déclin de la
figure du père dans la modernité
occidentale.
Si les
périodes précédentes définissaient des
espaces marqués par la distance du sujet
à ce qui le fonde, alors la
postmodernité est définie par
l’abolition de la distance entre le
sujet et l’Autre. La postmodernité,
démocratique, correspond en effet à
l’époque où l’on s’est mis à définir le
sujet par son autonomie, notamment
juridique, et où l’on s’est mis à donner
du sujet parlant une définition
autoréférentielle. C’est-à-dire que
l’autonomie juridique, comme la liberté
marchande, éventuellement totale, sont
absolument congruentes avec la
définition autoréférentielle du sujet.
C’est
pourquoi l’analyse du devenir décadent
de l’Autre en période postmoderne doit
comprendre les temps néolibéraux que
nous vivons, définis par la « liberté »
économique maximale accordée aux
individus. Ce qu’on appelle le
« marché » ne vaut nullement comme
nouvel Autre, dans la mesure où il est
loin de prendre en charge la question de
l’origine, de l’autofondation. C’est là
où se repère la limite fondamentale de
l’économie de marché dans sa prétention
à prendre en charge l’ensemble du lien
personnel et du lien social.
Une
panne de l’action et de l’initiative
C’EST au
moment où l’injonction est faite à tout
sujet d’être soi que se rencontre la
plus grande difficulté, ou même
l’impossibilité, d’être soi. Ce qui
explique qu’on rencontre de plus en plus
souvent, dans les sociétés postmodernes,
des techniques d’action sur soi,
véritables prothèses identitaires venant
s’appliquer à l’endroit où opère la
destitution du sujet. Par exemple, ces
programmes télévisuels mettant en scène
les vies ordinaires (« C’est mon
choix »), l’usage de psychotropes qui
stimulent l’humeur et multiplient les
capacités individuelles, dont le dopage
n’est qu’un aspect (5).
Avec la
postmodernité, la distance vis-à-vis de
l’Autre est devenue distance de soi à
soi. Le sujet postmoderne n’est plus
seulement clivé, il est « schizé ». Tout
sujet se trouve ainsi aux prises avec
son auto-fondation, il peut certes
réussir mais non sans se trouver
constamment confronté à des ratés, plus
ou moins graves. Cette distance interne
du sujet à lui-même se découvre
inhérente au sujet postmoderne et
modifie sensiblement le diagnostic de
Freud sur le sujet moderne, porté à la
névrose. C’est vers une condition
subjective définie par un état-limite
entre névrose et psychose que se définit
désormais le sujet post-moderne, de plus
en plus pris entre mélancolie latente,
impossibilité de parler à la première
personne, illusion de toute-puissance et
fuite en avant dans des faux soi, dans
des personnalités d’emprunt, voire
multiples, offertes à profusion par le
marché.
Par
exemple, ce qu’on appelle
« dépression », cette maladie de l’âme,
touche aujourd’hui en permanence des
franges importantes de la population (on
parle de 15 % à 20 % d’individus par
roulement). Ce qu’on appelait autrefois
la « passion triste » s’est transformée
en une panne de l’action et de
l’initiative devant laquelle les
populations recourent de plus en plus à
des traitements médicaux et notamment
aux antidépresseurs, dont le Prozac est
l’emblème. Aux Etats-Unis,
l’administration massive de la Ritaline
aux jeunes présentant des symptômes
d’agitation témoigne de la médication de
plus en plus généralisée des troubles de
l’action. Ce n’est plus la culpabilité
névrotique qui définit le sujet en
postmodernité, c’est quelque chose comme
le sentiment de toute puissance quand on
y arrive et de toute-impuissance quand
on n’y arrive pas.
La honte
(vis-à-vis de soi) a, en somme, remplacé
la culpabilité (à l’égard des autres)...
Sans repères où puissent se fonder une
antériorité et une extériorité
symboliques, le sujet ne parvient pas à
se déployer dans une spatialité et une
temporalité suffisamment amples. Il
reste englué dans un présent où tout se
joue. Le rapport aux autres devient
problématique dans la mesure où sa
survie personnelle se trouve ainsi
toujours en cause. Si tout se joue dans
l’instant, alors le projet,
l’anticipation, le retour sur soi
deviennent des opérations très
problématiques. C’est tout l’univers
critique qui se trouve ainsi atteint.
Que
faire s’il n’y a plus d’Autre ? Se
construire tout seul en utilisant les
nombreuses ressources de nos sociétés à
cet égard. Certes, mais il n’est pas sûr
que l’autonomie constitue une exigence à
laquelle tous les sujets puissent
satisfaire. Ceux qui réussissent sont
souvent ceux qui ont été « aliénés »
avant et qui ont dû lutter pour se
libérer. En ce sens, l’état apparent de
liberté promu par le néolibéralisme est
un leurre. La liberté comme telle
n’existe pas : il existe seulement des
libérations. C’est pourquoi ceux qui
n’ont jamais été aliénés ne sont pas
libres pour autant - comme la formule de
Pierre Bourdieu, à propos du
« culte de l’individu
seul, mais libre », pourrait le
laisser croire. Les nouveaux individus
sont plutôt abandonnés que libres. C’est
pourquoi, d’ailleurs, ils deviennent des
proies faciles de tout ce qui semble
pouvoir combler leurs besoins immédiats
et des cibles commodes pour un appareil
aussi puissant que le marché (6).
Plusieurs tendances visent à remédier la
carence de l’Autre. La première serait
ce qu’on appelle la bande. Lorsque
l’Autre manque et qu’on ne peut faire
face seul à l’autonomie ou à l’autofondation
requises, on peut toujours essayer d’y
faire face à plusieurs. Il suffit de
relever d’une personne comprenant
plusieurs corps distincts. La bande est
marquée par le transitivisme : puisqu’on
appartient à une même personne, si l’un
tombe, l’autre peut avoir mal. La bande
possède un nom collectif porté par
chacun à l’extérieur. Elle possède sa
signature, son sigle, son tag, son logo,
qui marque et délimite son territoire.
Variante de la bande : le gang. Le gang
est une bande qui a réussi en imposant
ses méthodes expéditives (racket,
attaques, règlements de comptes...).
La
deuxième tendance relève de l’élection
d’un ersatz censé suppléer à la carence
de l’Autre : ce serait la secte. Lorsque
l’Autre manque, on peut ériger à toute
force une sorte d’Autre qui garantisse
absolument le sujet contre tout risque
d’absence.
La
troisième tendance relève également de
l’ersatz. On réinscrit l’Autre dans
l’ordre non plus du désir, mais du
besoin. C’est ce qu’on voit à l’œuvre
dans la toxicomanie. Au moins saura-t-on
ainsi où est et ce qu’il en est de
l’Autre dont on manque : rien d’autre
qu’un produit chimique aussi addictif
que possible, que l’on pourra se
procurer à condition qu’on en devienne
l’esclave.
La
quatrième tendance va en quelque sorte
encore plus loin, puisqu’elle correspond
à une tentative de devenir l’Autre. On
se pare alors des signes de la
toute-puissance et l’on s’octroie droit
de vie et de mort sur ses semblables en
se dotant de pouvoirs supposés magiques.
Les actes de violence les plus crus,
comme ceux de Littleton (7) par exemple,
peuvent alors déferler sans aucune
retenue.
Ces
tendances ne se réfèrent pas
exclusivement à différentes formes de
délinquance, on en retrouve au moins une
forme très répandue dans tout le corps
social. Ainsi la tendance à utiliser les
techno-sciences dans le but de
s’affranchir des limites dans lesquelles
les bases matérielles de la vie sont
contenues. Les techno-sciences sont
volontiers sollicitées en vue de
renforcer le sentiment de
toute-puissance du sujet. Il faut sortir
de notre assignation restreinte dans le
temps (un « ici ») et dans l’espace (un
« maintenant »).
Il est
remarquable que cette culture de
l’information n’aille pas sans un nouvel
analphabétisme qui obère la transmission
générationnelle : pensons au déclin de
la lecture dans les jeunes générations,
à la faillite de l’enseignement, qui
produit de plus en plus de diplômés
quasiment illettrés. Il s’agit aussi de
tenter de sortir de l’ordre de
succession des générations (on voit, par
exemple, maintenant des grands-mères
enfanter, de même que des pères morts,
sagement rangés dans des petits flacons,
donner la vie).
Il
s’agit encore de tenter de sortir de
l’assignation de tout sujet à l’un des
deux genres (être homme ou femme), ce qui relève d’une
vieille tentation, légitime, de tout
être humain, mais celle-ci se jouait sur
le registre symbolico-imaginaire alors
qu’elle se déploie maintenant dans le
réel.
Il
s’agit aussi de tenter d’affranchir de
la différence génétique et du
cloisonnement des espèces vivantes -
dans ce registre, songeons aux
professions de foi sur une supposée
identité animale. Ou les tentatives
génétiques, de mixage des espèces (par
exemple, l’humanisation de porcs en vue
de la xénogreffe d’organes). Partout,
les techno-sciences renforcent les
tendances du sujet postmoderne à
s’affranchir des limites organiques, par
la création de ce qu’on a appelé un
hyper-réel...
C’est à
une réflexion de grande ampleur que nous
contraint le néolibéralisme. Il ne nous
impose pas seulement la critique d’un
système économique inique, pas seulement
la compréhension de mécanismes de
destruction des instances collectives et
de l’« être-ensemble », mais aussi une
réflexion renouvelée sur l’individu,
l’« être-soi ». La condition subjective
issue de la modernité est menacée.
Pouvons-nous laisser l’espace critique,
si difficilement construit au cours des
siècles précédents, se volatiliser en
une ou deux générations ?
Dany-Robert
Dufour.
(1)
Jean-François Lyotard, La
Condition postmoderne, Minuit, Paris,
1979.
(2) Voir
sur ce point les travaux de Marcel Gauchet.
(3) L’un
des concepts fondamentaux de la
philosophie grecque, dont l’étymologie
vient de « naître », « croître ».
(4) Lire
Dany-Robert Dufour, Les
Mystères de La Trinité, Gallimard,
Paris, 1990.
(5) Voir
sur ces questions Alain Ehrenberg,
La fatigue d’être soi,
Odile Jacob, Paris, 1998.
(6) Lire
Frank Mazoyer, « Consommateurs sous
influence », Le Monde
diplomatique, décembre 2000.
(7) Le
20 avril 1999, à Littleton aux Etats-Unis,
deux garçons de dix-sept et dix-huit ans,
fascinés par les machines informatiques et
certaines sectes violentes, tuent treize
de leurs camarades de classe avant de se
suicider.
Lire :
-
Signes de crise
LE MONDE DIPLOMATIQUE |
février 2001 | Pages 16 et 17
http://www.monde-diplomatique.fr/2001/02/DUFOUR/14750
TOUS DROITS RÉSERVÉS ©
2005 Le Monde diplomatique.
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(1) Lire « Les
désarrois de l’individu-sujet »,
Le
Monde diplomatique, février 2001. La modernité,
selon le grand historien Fernand Braudel, naît
« quelque part entre 1400 et 1800 » :
elle est donc contemporaine du capitalisme.
(2)
Lire Dany-Robert Dufour, Les Mystères de la Trinité,
Gallimard, Paris, 1990.
(3) Le film de
Michael Haneke, Benny’s video, 1993, donne une idée,
assez probante et assez terrifiante, de ce que pourrait
être cette confusion. On y voit un adolescent qui
n’entretient avec ses parents que des rapports purement
fonctionnels et qui n’a de contacts avec le monde que
par l’intermédiaire d’écrans vidéo. De sorte que,
lorsqu’une petite partie de ce monde se présente à lui
(une jeune fille), il réagit de façon totalement
déplacée (par un crime en l’occurrence).
(4) Lire Adrien
Barrot,
L’Enseignement mis à mort, Librio,
Paris, 2000.
(5)
Cf. les nombreux cas de « déprime enseignante » que
l’ex-ministre Claude Allègre affectait de prendre pour
des abus de congés médicaux.
(6)
In Le Monde, 24 novembre 1999.
(7) Jean-Claude
Michea, L’Enseignement de l’ignorance,
Climats, Castelnau, 1999.
(8) Sur
l’intégration de la contestation libertaire dans le
néo-libéralisme, lire Luc Boltanski et Eve Chiapello,
Le Nouvel Esprit du capitalisme, Gallimard, Paris,
1999. Lire aussi Serge Halimi, « Éternelle
récupération de la contestation »,
Le Monde diplomatique, avril 2001.
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Jacques
Lacan,
Jean-Michel Vappereau, Pierre Soury et Michel Thomé : Nœuds Borroméens
et Bandes Möbius |
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Approche topologique de la sexuation symbolique,
par
Charley Supper |
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La coupure
signifiante en Topologie |
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La Mort Symbolique |
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Le Trou ( en topologie)
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L'être séparé.......,
par Charley Supper |
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Le concept de mixité |
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Se donner un genre |
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Le racisme |
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La Sexuation |
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Rapport du vide et du plein |
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L'amour du tout aujourd'hui
- (Topologie
En Extension)
Jean-Michel Vappereau |
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L'Amour et la Mort,
par Charley
Supper |
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Lecture, Eros et
Thanatos :
par Charley
Supper |
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Entre Amour
et Barbarie :
La Coupure signifiante,
par Charley
Supper |
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Le signifiant |
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Qu’est-ce que le signifiant ?, (extrait de "Le
langage inconscient et le signifiant"),
par Guy Massat |
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Le Signifiant dans
"L'instance de la Lettre" de Lacan |
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Métaphore et
Métonymie |
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Le signifiant "Europe" |
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Le
signifiant "Lituraterre"
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Le signifiant lacanien |
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"Le mensonge de l'illettrisme"
de Charley Supper |
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Qu'on
dise reste oublié,
par
Charley Supper |
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L'illettrisme et
la coupure
signifiante
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Le
caractère de la lettre,
par Charley Supper |
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Sexué oui-Sexué non |
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I LLETTRISME
ET SEXUATION
-
Livre Essai de Charley Supper
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Lecture des formules de la sexuation
1 - Formules
Kantiques
de la Sexuation,
par
Jean-Michel Vappereau
(PDF)
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Lecture des formules de la sexuation
:
2 - Deux modes
de ratages sexuels,
par Jean-Michel Vappereau
(PDF) |
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Article sur le livre de
Charley Supper: "Illettrisme et Sexuation",
par Giancarlo Calciolari |
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Le caractère de la lettre,
par Charley
Supper |
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Extraits de textes de séminaires de Lacan |
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La Lettre 52 de Freud à Fliess |
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Illettrisme et lisibilité,
Edito de septembre 2006
par
Charley
Supper |
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Le symbolique
comme outil de passage de
la dimension 2 à la dimension 3 |
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Illettrisme et Différence,
par Charley Supper |
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Jean-Michel Vappereau
: Son œuvre, sa
topologie |
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La Droite Infinie,
par Jean-Michel Vappereau |
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Illettrisme et politique,
par Christine Mercier-Chanvin |
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Naissance de la notion de Réel chez Lacan -
Lacan
part des termes kantiens "Begriff" et "Gegenstand" |
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G. Frege, « Concept et objet »,
de Gottlob Frege |
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Frege et l’existence
-
Le verbe « exister » dans « Leo Sachse
existe » est superflu, va de soi, et n’exprime aucun
contenu... |
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Le Tractatus
Logico-Philosophicus de Ludwig Wittgenstein |
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"Treize et Trois", Texte de
Jean-Michel Vappereau sur le livre "L'œuvre claire" de
Jean-Claude Millner |
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Transcription du texte "Lituraterre"
de Lacan à partir de l'enregistrement de la séance du 12
mai 1971 |
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Psychanalyse
et Sciences, "du fondement du discours de
l’analyse", par Jean Michel Vappereau |
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Réflexion
philosophique sur le langage
et «philosophie du langage». |
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"Chagrin
d'école", de Daniel Pennac,
à la lecture de
la psychanalyse,
par
Marie-France Almas et Yves Anselmo |
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Topologie et Psychanalyse (1)
- Définitions,
D'après une
lecture du livre de Nasio : Les yeux de Laure
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Topologie et
Psychanalyse (2)
- Définitions, |
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Logique et
Ontologie - Quine
et Frege
-
http://julien.dutant.free.fr |
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Logique et Ontologie
-
La distinction entre sujet et prédicat
-
http://julien.dutant.free.fr |
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|
Logique et Ontologie -
L’argument frégéen
-
http://julien.dutant.free.fr |
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Commentaire du texte de
Huo Datung
"L’inconscient est structuré comme
l’écriture chinoise",
par René Lew |
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La coupure
signifiante |
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Le retournement de l'équateur,
par Charley Supper |
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Illettrisme et
retournement de l'Univers,
Edito
d'octobre 2006
par Charley Supper |
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Pourquoi
des psychanalystes travaillant sur l'illettrisme s'intéressent-ils au discours politique,
par Christine Mercier-Chanvin |
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Illettrisme et société - Textes récents |
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L'illettrisme
et la presse
: Quelques articles parus récemment sur l'illettrisme ! |
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L'illettrisme et l'Europe |
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L'illettrisme et la coupure
signifiante |
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La dégradation
du climat social actuel n'est-elle pas en lien direct avec
l’illettrisme ? |
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Le vocabulaire guerrier de
l'illettrisme
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Le Français Langue Étrangère
(FLE) |
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FLE : Apprendre le Français en ligne |
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FLE :
Languageguide.org |
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Les outils de la formation |
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Dictionnaire de psychanalyse |
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Illettrisme - Le
vide du sens, par Charley Supper |
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Zen
et psychanalyse :
Un
article de
Guy Massat (moine zen et
psychanalyste)
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L’illettrisme, frontière de nos politiques éducatives et
linguistiques ,
par Nicolas Gachon
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Transcription du
texte "Lituraterre" de Lacan à partir de
l'enregistrement de la séance du 12 mai 1971 |
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Mise à jour des dessins du
texte de Jacques Lacan "Joyce le Sinthome",
par Gérard Crovisier |
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Texte de "Joyce le
Symptôme" de J. Lacan |
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Clinique de l'illettrisme :
Sexué-oui ou
sexué non ? |
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Participez au site,
proposez vos textes ! |
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