Frege
serait donc d’accord avec Quine en ce qui concerne la
forme logique des phrases générales : (i) ci-dessus.
(Une différence importante est que Quine n’admettrait
pas l’explication de Frege en termes d’une hiérarchie
de prédicats et de concepts.)
Comment Frege analyse-t-il (ii) et (iii), c’est-à-dire
des constructions dans lesquelles le verbe ordinaire
« exister » a pour sujet ce qui apparaît comme un
terme singulier (une description définie ou un nom
propre) ?
Selon
Frege, le verbe « exister » dans « Leo Sachse existe »
est superflu, va de soi, et donc n’exprime aucun
contenu.
Lorsque Frege dit que dans des contextes de ce genre,
le verbe « exister » est superflu, il ne veut pas dire
que c’est un prédicat de premier ordre qui est vrai de
tous les objets. Le verbe « exister » est superflu, et
non redondant. On peut certes objecter qu’un prédicat
redondant n’est pas un prédicat du tout, mais il se
trouve qu’il y a des prédicats redondants : « est F ou
n’est pas F » et « est identique à lui-même » en sont
des exemples.
Ce
que Frege veut dire, c’est que le verbe « exister »,
dans les contextes où il semble être utilisé comme
prédicat d’objet, n’a en réalité aucune portée
logique. À la limite, « a existe », où « a »
est un terme singulier, a le même sens que « a
= a ».
Autres perspectives
http://julien.dutant.free.fr/
Grand merci à
Julien Dustan
pour ces textes !