Faubourg du Temple, dimanche 13 mai 2007
L’être séparé
Le vide est
nécessaire préalablement à ce qu’on puisse, par
opposition, distinguer la trace. Je veux parler
principalement de la trace de ce monde virtuel dont nous
sommes séparés par le langage, mais aussi de la trace de
notre « être » dont, si bizarrement, nous sommes
également séparés.
Aussi, pour les petites
lettres de l’alphabet, celles
qui composent un texte, leur seule présence indique bien
la nécessité préalable du vide, de la feuille vierge,
par rapport au plein.
Le Vide est premier.
Le vide est aussi
premier que le Mal est la seule voie pour aborder au
Bien, contrairement à ce que prétendent les
« Bien-pensants », adorateurs mous de la belle âme.
Ainsi, il faut bien considérer à chaque instant le vide
comme un appel au plein (on le voit bien chez les
tatoués et les personnes alcooliques et de manière
générale chez toute personne souffrant d’addiction). Le
vide est comme un plein virtuel.
La trace, la lettre est alors « scandale dans la pureté
du non-être ».
De même la vie peut apparaître comme une crise de la
mort et pourtant c’est le contraire que nous ressentons
généralement.
Le fait de choisir une des options entre le vide et le
plein signifie être séparé de l’autre et vice-versa.
Quelle que soit l’option choisie, nous sommes séparés.
Dans un magasin « Tout à un euro », si vous avez cette
somme, vous pouvez tout acheter, mais dés que vous
réalisez votre choix, vous êtes séparé de tous les
autres objets.
La
pensée sphérique
est celle dont nous subsistons depuis le moyen âge et
l’invention de la sphère céleste. « Le monde est rond »
comme disait Gertrude Stein. Nous pensons tout sous
forme de sac expansible en sphère. On en a la
démonstration surannée avec le terrorisme de la
« Planète Globale » dont on nous rebat les oreilles.
L’Humain, qui n’a pas encore accès à
la pensée torique,
saisit le milieu où il baigne sous l’aspect du
« Quart-de-tourisme », c’est-à-dire le quart de tour.
Ainsi, la croix du Christ chez les Chrétiens.
Le quart-de-tourisme
force l’humain à assumer en permanence pour appréhender
le monde, le choix entre deux zones d’étoffage de son
discours ou de sa pensée sphérique.