Chez les catholiques
:
le baptiste emmenait le
postulant dans la rivière à 33
ans et lui disait en lui versant
sur la tête un peu de l'eau de
la rivière : "par cette eau tu
meurs à toi-même". Cela revenait
à faire de son corps symbolique
un corps pas tout. Un corps
troué symboliquement.
Chez les
juifs et les musulmans,
c'est le
rituel de la circoncision qui
remplissait cette fonction, de
faire du corps un corps troué du
fait de la suppression du
prépuce, un corps "pas tout".
Tous les peuples du
monde, toutes les
ethnies de la planète ont
toujours eu un rituel équivalent
dont le but était de faire du
corps symbolique un corps troué,
un corps "pas tout".
En France
un rituel
symbolique mineur car n'opérant
qu'une fois sur mille peut-être
perdurait encore il y a peu :
L'armée. Des voix disaient : "ça
vous fait un homme". Ça devait
marcher parfois, très rarement.
Aujourd'hui, même cela a
disparu.
Ne reste
plus aujourd'hui que ce qu'on
appelle "La
violence des jeunes
",
qui n'est selon moi qu'une
terrible et
juste colère
devant le fait que ceux qui ont en
charge d'amener les classes
montantes à l'inscription de leur
sexuation sont défaillants et plus
préoccupés de vendre leur camelote
très chère et ne servant à rien.
Très chère "parce que" ne servant à
rien, car ils se sont rendu compte
implicitement qu'un homme
"accompli" donc pas-tout,
installé dans sa sexuation
opérante et dans son métier
d'homme, jamais n'achètera leurs
saloperies qui ne servent qu'à
encore plus nous asservir dans la
religion du Tout. La totalité en
opposition avec le corps
symbolique troué, mais surtout,
la religion du tout, de la
globalité, la planète globale,
c'est-à-dire le
totalitarisme.
La solution
globale et finale avait pourtant
montré son horreur déjà au siècle
passé. Il n'y a rien à attendre de
ceux qui veulent réinstaurer un
principe de solution globale. Dans le
discours, ce sont les mêmes
qu'hier !
Il y a
tout à en redouter !
Revenons et
terminons en avec monsieur Dutroux !
Répétons
encore que le drame des familles des
victimes de Dutroux est intolérable
et que dans la mesure du possible
nous sommes associés à leur douleur
même si ce ne sont que des mots.
Je
ne peux m'empêcher cependant d'une
certaine compassion pour Dutroux
lui-même car il représente selon
moi notre symptôme à tous.
Le symptôme
que par faiblesse, lâcheté et
aveuglement nous avons créé en
acceptant sans rechigner le discours
abject et scandaleux de la totalité,
de la globalité malgré l'expérience
des camps pourtant pas si lointaine
et l'abandon des valeurs qui donnait
à l'homme des réponses aux questions
: qui sommes-nous d'où venons nous
où allons-nous. Quelle est la raison
de notre présence sur terre ?
Dutroux, de
par même le signifiant de son nom
patronymique interpelle chacun de
nous là où il en est de son chemin
vers la sexuation. La sexuation
symbolique dont je répète pour
l'avoir dit ailleurs, que c'est
l'enregistrement symbolique de la
sexuation virtuelle qui est donnée à
chacun à la naissance, mais qui ne
prend son efficacité qu'après
l'enregistrement symbolique, lequel
nécessite une cérémonie symbolique,
un rituel, mais un rituel
symbolique;
"Tout est
dans tout" est faux même si "le Tout
est dans chaque partie", oui, et
c'est fondamentalement différent !
Alors
Dutroux…!
Il
cherchait du trou chez des enfants
non nubiles, de rage les enterrait
dans des trous. Il est maintenant au
trou, échappant de justesse avec
l'abolition de la peine de mort à
celui où il mettait ses victimes,
réalisant ainsi une destinée
toujours funeste d'être seulement
imaginaire, de ne pouvoir se
symboliser.
Cela se
passe de commentaire !
Comment se
taire ?
Quel trou
cherchait-il vraiment, symbolique,
imaginaire, réel ?
Quelle
leçon en tirer quand on observe que
le seul discours réactif à ce qu'a
fait Dutroux, fut celui, débile,
des bien-pensants qui organisèrent
une journée blanche avec des ballons
blancs.
L'opinion publique du côté de
la belle âme (c'est-à-dire de
l'imaginaire), scandalisée n'aura
trouvé comme réponse que d'organiser
des "journées blanches" avec des
ballons blancs…
Ne dit-on
pas quand on veut signifier qu'on a
un trou de mémoire : "J'ai un blanc"
?
Toujours la
métonymie (imaginaire), alors que
seule la métaphore (symbolique donc
est opérante) !
Comment se
fait-il qu'aucun des journalistes
toujours à l'affût de la charogne ne
se soit posé la question de la
présence de cette sculpture qui orne
l'entrée du tribunal d'Arlon.

N'est-ce pas la représentation "d'un
Trou".
Toujours la
métonymie (imaginaire) et
morbidement redondante en ce qui
concerne l'affaire Dutroux" ?
Qui se
moque de nous ici avec la présence
de cette sculpture indécente et tue?
N'est-ce
pas la représentation de notre
responsabilité commune avec Dutroux
dans cette affaire ?
c
N'est-ce pas la Mort qui se rit
là de notre lâcheté et notre
imbécillité.
Toujours la métonymie
(imaginaire), alors que seule la
métaphore (symbolique donc) est
opérante !
Discours de Dutroux ou des
bien-pensant, même discours.
L'horreur est là aussi et
j'ajouterais,
surtout
!
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