Nous sommes dans un
monde où les gouvernants et les patrons privilégient
la rentabilité à court terme. La demande qui est créé
par cette offre est simple : « tout, tout de suite ».
Le discours est ainsi
bloqué dans un impossible retour en arrière (ou bond
en avant) et les « richesses » s’appauvrissent, faute
de dialectiser les relations entre producteurs et
consommateurs, faute d’y introduire du désir des deux
côtés !
A la place du
« laisser à désirer », il y a les « laissés pour
compte ». Et la note tombe implacablement : tout juste
né et déjà endetté par la sécu, sans boulot, tout
juste s’il ne restera pas sans descendance (qui ne
pourra payer sa retraite).
Il est détonant de
constater que les « sans papiers » qui passent devant
la Commission de l’OFPRA s’en « sortent » mieux
lorsqu’ils sont recalés que lorsqu’ils obtiennent un
permis de séjour comme réfugiés. Ceci est une
constatation purement subjective des CADA (Centres
d’Accueil pour Demandeurs d’Asile) et la mienne.
Que penser d’un monde
où l’illégalité soutient plus de désir que la
légalité ?
Face à cela, un
acharnement légaliste se développe et secoue tous les
milieux. En « psychiatrie psychanalytique »,
l’évaluation quantifiable des thérapies devient un
cheval de bataille pour lutter contre les techniques
thérapeutiques et les évaluations de « progrès » des
comportementalistes. Dans le secteur sanitaire et
social, les processus d’accréditation, de
certification et d’évaluation de pratiques
professionnelles contraignent les équipes à se
prémunir des « risques » et à repérer les évènements
avant coureurs d’autres évènements déstabilisants pour
l’institution administrative. Toute la société du
« soin » s’organise autour d’une protection de l’INSTITUÈ.
Nous sommes passés de
la réflexion (inachevée) sur la prévention au principe
de précaution.
Ne réfléchissons pas,
au cas par cas, sur le vol d’argent dans un hôpital de
jour pour enfants, mais donnons nous les moyens de
leur signifier à tous que c’est mal. Seul doit compter
le discours institué par l’état qui ne crédite plus la
pensée mais l’ACTE.
C’est une manière de
prendre les règles pour la LOI, la morale pour
l’éthique. Car le légalisme s’instaure sur la débâcle
de la LOI
symbolique.
L’illettrisme
s’installe précisément dans ce discours légaliste.
Ainsi, là où le sujet ne peut pas se dire comme sujet
du désir, ça insiste à parler sous la forme d’une
lecture et d’une écriture impossible, où la réflexion
devient...
Et puis, non ! Ne
réfléchissons même pas…il suffit de se relaxer, de ne
penser à rien, Jacques-a-dit : « TOUT VA
BIEN ».
Christine Mercier-Chanvin
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