Le symptôme, c’est là
le fait fondamental de l’expérience analytique, se
définit dans ce contexte comme représentant de la
vérité.
Le symptôme peut
représenter la vérité du couple familial. C’est là le
cas le plus complexe, mais aussi le plus ouvert à nos
interventions.
L’articulation se
réduit de beaucoup quand le symptôme qui vient à dominer
ressortit à la subjectivité de la mère. Ici, c’est
directement comme corrélatif d’un fantasme que l’enfant
est intéressé.
La distance entre
l’identification à l’idéal du moi et la part prise du
désir de la mère, si elle n’a pas de médiation (celle
qu’assure normalement la fonction du père) laisse
l’enfant ouvert à toutes les prises fantasmatiques. Il
devient l’ « objet » de la mère, et n’a plus de fonction
que de révéler la vérité de cet objet.
L’enfant réalise
la présence de ce que Jacques Lacan désigne comme
l’objet a dans le fantasme.
Il sature en se
substituant à cet objet le mode de manque où se spécifie
le désir (de la mère), quelle qu’en soit la structure
spéciale : névrotique, perverse ou psychotique.
Il aliène en lui tout
accès possible de la mère à sa propre vérité, en lui
donnant corps, existence, et même exigence d’être
protégé.
Le symptôme somatique
donne le maximum de garantie à cette méconnaissance ; il
est la ressource intarissable selon les cas à témoigner
de la culpabilité, à servir de fétiche, à incarner un
primordial refus.
Bref, l’enfant dans
le rapport duel à la mère lui donne, immédiatement
accessible, ce qui manque au sujet masculin : l’objet
même de son existence, apparaissant dans le réel. Il en
résulte qu’à mesure de ce qu’il présente de réel, il est
offert à un plus grand subornement dans le fantasme.
La fonction de résidu
que soutient (et du même coup maintient) la famille
conjugale dans l’évolution des sociétés, met en valeur
l’irréductible d’une transmission – qui est d’un autre
ordre que celle de la vie selon les satisfactions des
besoins – mais qui est d’une constitution subjective,
impliquant la relation à un désir qui ne soit pas
anonyme.
C’est d’après une
telle nécessité que se jugent les fonctions de la mère
et du père. De la mère : en tant que ses soins portent
la marque d’un intérêt particularisé, le fût-il par la
voie de ses propres manques. Du père : en tant que son
nom est le vecteur d’une incarnation de la Loi dans le
désir.