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Art-thérapie et illettrisme
Alain Caucat,
art-thérapeute
Membre de Lituraterre
Conférence
plénière lors des rencontres franco-italiennes
d’art-thérapie du 3 juillet 2010à l’hôpital
d’Arles
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Pour commencer,
je voudrais évoquer la crainte que j'avais à
venir ici, aujourd'hui vous parler de ça : je
veux dire de l'illettrisme sauvé par
l'art-thérapie... pareillement que Boudu fut
sauvé des eaux. Oui, ma crainte de me trouver au
sein d'une société savante, moi qui suis un
bricoleur... assidu au bricolage, science
première plutôt que primitive, selon
Lévi-Strauss.
J'irai jusqu'à
dire même, que je suis un bricoleur du dimanche.
Pourquoi du dimanche? Non seulement parce que
l'expression le dit, mais aussi parce qu'en ce
jour, j'y suis né. Mais surtout en ce jour du
repos, quand les choses peuvent aller de
traviole, je peux m'adonner en toute quiétude, à
la cacologie. Ma locution peut alors
devenir vicieuse, ce qui ne veut pas dire que je
m'adonne à la langue prostitutionnelle,
celle de Guyotat, mais plutôt que mon dire est
impur, fautif. Autant dire qu'il est sinistré et
forcément gauche. Plus ou moins maladroit selon
les dimanches. Aujourd'hui, à la veille du
dimanche, exprès pour vous, il sera maladroit et
manche, à point.
Que je sois ce
bricoleur du dit manche explique assez que
l'illettré soit mon semblable. Voilà quelques
explications de ma présence ici pour vous parler
de ça. Je peux ajouter que je suis assez fier
d'être le porte parole de près de trois millions
de personnes, je ne parle bien sûr qu'au nom des
illettrés français !
L'illettrisme
n'est pas le lettrisme ni l'analphabétisme.
Malgré qu'il soit sorti du corps en saignant, un
illettré a des connaissances en lecture
/écriture, mais insuffisantes pour faire face à
certaines situations de la vie quotidienne et
professionnelle. Donc tout dépend de la
situation et comme il y a autant de niveaux
insuffisants que de situations, on a l'embarras
du choix. On trouve de tout dans l'illettrisme,
c'est assez inattendu, c'est presque inespéré.
Si un jour, l'ennui naquit de l'uniformité... on
ne s'ennuie pas avec les illettrés, il y a
beaucoup de loufoquerie
chez eux, ce qui n'est pas pour me
déplaire.
N'ayez crainte,
je suis moi aussi, à la suite de Du Bellay, pour
la défense et l'illustration de la langue
française; mais je suis aussi, vous l'avez
compris, pour la défense et l'illustration de
l'illettrisme. Ce qui n'est pas contradictoire.
Le français se
nourrissait de latin autant que l'illettrisme se
nourrit de français. Du temps de Du Bellay, il
s'agissait de ne pas perdre son latin sous peine
d'être considéré comme barbare. Aujourd'hui il
s'agit de ne pas perdre son français sous peine
d'être déclaré illettré.
De nos jours
l'illettré est un barbare, c'est pourquoi on le
combat, on parle communément de lutte contre
l'illettrisme. Cette lutte devient même une
priorité nationale qui s'inscrit dés 1998 dans
le code du travail. Et pourtant, malgré cet
effort national, l'illettrisme progresse et se
porte bien... ce qui n'est pas plus mal !
En effet, je
considère pour ma part que l'illettrisme est un
signe de bonne santé mentale. J'en donnerai
ultérieurement, les explications.
Pour l'instant,
la question que je me pose est la suivante :
pourquoi doit-on parvenir à l'effacement de
l'illettrisme ? Après tout pendant des siècles,
la culture s'est transmise oralement, de
mémoire. Et l'écriture n'a jamais été considérée
dans l'antiquité, comme une découverte
fondamentale. Pour Socrate, nous le savons par
Platon, l'écriture est une activité inférieure
comparée à la parole vive.
Il a fallu
attendre l'invention de l'imprimerie pour que la
lecture et l'écriture se répandent et surtout
Jules Ferry pour que ces disciplines deviennent
obligatoires.
Ainsi voit-on,
au regard de l'histoire, que l'illettrisme est
une préoccupation récente.
Alors pourquoi,
de nos jours, ne peut-on vivre sans maîtriser
ces savoirs de base ?
Tout à l'heure
je disais que l'illettrisme était un signe de
bonne santé mentale. Évidemment, ce n'est pas
l'avis des professionnels qui luttent contre
l'illettrisme, ni celui des pouvoirs publics.
Il suffit tout
simplement de s'entendre sur le concept de bonne
santé mentale. N'étant qu'un bricoleur, j'aurai
recours à des docteurs pour m'éclairer. Ces bons
docteurs qui ont créé en 2007 Fondamental. Une
fondation chapeautée par le ministère de
l'enseignement et de la recherche. Fondamental a
pour mission de mettre en place une vraie
politique de prévention, de dépistage et de
diagnostic, des maladies psychiatriques. Elle
fédère sur l'ensemble du territoire, psychiatres
et chercheurs de haut-niveau appartenant à plus
de soixante laboratoires de recherche et de
services hospitaliers. Ils utilisent la
psychiatrie génétique, la biologie moléculaire,
les bio-marqueurs…que sais-je encore ? A leur
actif il faut leur accorder, selon eux, des
découvertes majeures : par exemple les mutations
des gènes dans l'autisme.
Mais
présentement, au delà de ce discours
organiciste, ce qui m'intéresse, c'est ce que
dit la présidente de Fondamental. D'après une
enquête pour la fondation, les coûts indirects
de ces maladies mentales en perte de
productivité sont estimés à
87 milliards d'euros en France.
Productivité et santé mentale, nous y voilà.
Mais nos
illettrés, que viennent-ils faire dans cette
galère ? Disons qu'ils rament autant que les
autres. C'est vrai qu'ils ne sont pas productifs
et c'est vrai qu'ils ne le sont pas parce qu'ils
ne jouissent pas selon la nomenclature de l'OMS
et de l'Union Européenne,
d'une
santé mentale positive... expression qui
recouvre selon ces organismes, l'estime de soi,
les capacités d'adaptation, le sentiment de
maîtrise de sa vie.
Santé mentale
positive,
on peut se demander si c'est un signe de bonne
santé mentale de positiver le fonctionnement
jusqu'à devenir sa chose … jusqu'à la
chosification de l'individu. Je ne sais pas s'il
faut être absolument moderne comme le disait
Rimbaud. Je crois plutôt que les Temps Modernes
sont impitoyables, qu'ils ne supportent pas les
Charlots, les bricoleurs (sauf le dimanche, jour
de fermeture).
Les temps
modernes réclament des spécialistes, des
visseurs patentés, sachant visser dans le bon
sens à belle allure.
Mais tout de
même, me direz-vous, il faut bien du
fonctionnement ! Dans ces Temps Modernes,
peuplés de machines, de robots, où règnent les
systèmes experts... ça ne peut pas cafouiller
sur toute la ligne. Il faut maîtriser, on ne
peut pas laisser, sans risques, des Charlots aux
commandes. C'est un point de vue.
Je reviens à
Rimbaud et à son absolument moderne. C'est cet
absolument qui me chagrine. Je pense qu'il faut
des limites à la modernité et au fonctionnement.
On ne peut pas vouloir une race pure de
spécialistes débarrassée des anomalies et
arriérations de toutes sortes. Nous aurions
alors un système pasteurisé, où n'existerait
aucun élément de fermentation. Un système qui
tournerait à vide, qui tournerait à mort.
Je crois que
l'illettrisme est un élément de fermentation,
qu'il questionne le fonctionnement, l'empêchant
de devenir bête et méchant.
Dans un autre
domaine que celui de l'économie, l'illettrisme
est un paradoxe par rapport à
la Doxa
chère à Barthes.
La Doxa
selon Barthes est l'opinion courante, l'esprit
majoritaire, la violence du préjugé, le
stéréotypé. Il dit aussi que la Doxa est le mauvais objet parce qu'elle ne vient
du corps de personne. De ceci, j'en pense que le
corps est paradoxal et que c'est la grande
affaire de l'illettré... c'est même l'affaire de
tout un chacun.
Par rapport à
la violence de
la Doxa, le corps du petit
apprenant ne peut être qu'un corps défendant. Je
reviens à la lecture et à l'écriture
obligatoires du temps de Jules Ferry. De ce
temps là, il y avait les hussards noirs de la République. On peut imaginer qu'ils étaient
furieusement passionnés. Ils avaient la passion
de l'enseignement comme d'autres ont la passion
de guérir. Cette passion les aveuglait tellement
qu'ils en devenaient, disait-on, les hussards de
la sévérité. Avec eux les apprentissages se
faisaient à la hussarde. Il fallait que ça passe
ou que ça casse... et le corps se cassait
laissant le savoir désincarné.
Aujourd'hui que
la République
est moins triomphante, la passion de
l'enseignement est devenue moins sévère. Mais le
maître ne fait toujours pas du semblant. Il veut
des progrès et c'est pourquoi il n'en aura pas !
Le maître qui est avide du résultat veut faire
le plein, justement parce qu'il est à vide. Dans
l'attente de ce résultat il est pressé que ça
rentre, et celui qui est pressé, fatalement,
presse. Du coup celui qu'on presse, se met en
boule, se replie, se cachète, se froisse... et
il en faudra du temps pour le défroisser !
Il faut
remarquer au passage, l'amphibologie du mot
pressé. Ce mot évoque l'impatience, le fait
d'aller vite, mais aussi l'action de comprimer,
technique nécessaire à la transmission. Quand un
fichier est trop lourd, on le compresse pour
pouvoir le transmettre. Presser pour
transmettre, voilà la difficulté dans les
premiers apprentissages. La violence est
inhérente à la transmission du savoir. Si l'on
veut parler d'une chose, il faut la réduire,
sinon il est impossible d'en parler
complètement, entièrement. La chose est
enracinée dans la plénitude du monde, en
coexistence avec d'autres choses. Ce sont
les
objets
feuilletés de Barthes qui adhèrent les uns
aux autres, qui sont indémêlables. On ne peut
pas saisir un objet qui est tout à la fois...
Pour le faire savoir, cet objet, je suis obligé
d'en faire un modèle réduit, un simulacre,
autrement dit, une représentation.
Pour
représenter une maison, je la réduis à une
photo, à un schéma, un tracé, un carré sur la
carte. Mais nous savons que la carte n'est pas
le territoire et qu'une photo, ça a été, mais
que ça n'est plus. C'est comme le poisson
soluble de Breton, il n'est visible que sorti de
l'eau... mais c'est à ce moment là qu'il étouffe
!
Dès qu'on sort
un objet de ce qui l'englobe, de tout ce qui
l'immerge, on lui enlève son souffle de vie.
L'inspiration ce n'est pas autre chose que de
retrouver ce souffle de vie dans les choses.
Mais il faut
être un poète, ne pas être pressé, pour pouvoir
décacheter les choses et les déplier. Il est
certain qu'un entrepreneur de maçonnerie ne
saura rien faire avec le galet de F.
Ponge. Il ne saura rien faire non plus avec les
maisons de M. Chagall qui tourbillonnent dans
les airs ; il trouvera simplement qu’elles n’ont
pas les pieds sur un terrain constructible.
Les illettrés
sont des poètes, ils n'ont pas le compas dans
l'œil, ils ne construisent pas d'équerre, ils
habitent en poètes. Ils ont tendance à
déplier les choses, à les rendre plus vivantes à
les voir pour de vrai. Ils ne comprennent pas,
que des rails puissent converger si là bas, ils
sont équidistants.
Ici et là bas,
dedans et dehors, pris dans cette charnière...
le corps est à vif, aussi les apprentissages
pourront s'y greffer. Voilà pourquoi avec les
illettrés, qui ont le corps à vif, il vaut mieux
travailler avec les ultrachoses plutôt
qu'avec les choses. J'emprunte à un habitué des
stades, à H.Wallon, cette expression qui n'est
pas très olympique surtout quand elle est
revisitée par Merleau-Ponty. Pour celui-ci l'ultrachose
qui caractérise le monde de l'enfant, est
l'objet ouvert, inépuisable et inachevé, quand
tout empiète sur tout. Selon lui, l'ultrachose
est insaisissable par un esprit cartésien, car
elle se situe dans l'indivision du sentir, ce
qu'il appelle la chair.
Je ne suis pas
loin de penser que le petit apprenant est un
petit a prenant... il voudrait avoir la
totalité de la chair et il n'en obtient qu'un
petit bout. De n'avoir que l'objet partiel le
destine au ratage, cette machine infernale. Plus
il rate et plus il est pressé de rater. Dans ce
ratage incoercible s'origine le fonctionnement
qui
s'optimise jusqu'à l'hyperactivité…hyperactivité
qui fait mal à la rate !
L’écriture
c'est l'objet qui rate le plus et le mieux. Du
coup, c'est l'objet qui laisse le plus à
désirer. Normalement ça presse d'écrire.
Alors pourquoi certains en restent baba, je veux
dire au b-a.ba ? Je pense à la pièce de Picasso
le désir attrapé par la queue...
eh bien le désir d'écriture on l'attrape par la
queue, avant de le montrer à ces messieurs !
Pour dire qu'il faut redonner de la chair à ce
qui n'en a plus. Comme il s'agit d'attraper le
désir par la queue, il y a dans la dernière
phrase de la genèse de l'appareil à
influencer de V. Tausk de quoi réfléchir. Il
parle de la première érection du jeune garçon et
de son étonnement. Il dit que cette érection est
ressentie comme quelque chose d'indépendant du
moi, de mystérieux, d'imparfaitement maîtrisé,
quelque chose qui fait partie du monde
extérieur.
Justement si
ça presse d'écrire, si le désir d'écriture
ne demande qu'à s'ériger, il ne convient pas, à
mon sens, que ce désir d’écriture
vienne trop du monde extérieur tel un
deux machina. Il vaut mieux, au contraire,
redonner au désir d'écriture ce que Barthes
appelait de la quiétude insexuelle. Ne
pas trop vectoriser la chose, redonner du mou,
revenir à la branloire pérenne de
Montaigne.
C'est pourquoi
ma pratique avec les illettrés n'est pas
cogniticienne, mais plutôt péripatéticienne.
C'est à dire que je ne suis pas cartésien mais
aristotélicien. On n’écrit pas, on trace. On se
promène sur la feuille. La main n'étant pas plus
bête que ses pieds, elle peut aussi être
baladeuse. Il faudrait que je vous parle de
cette main baladeuse, mise au panier sauvage,
celui dont parle Deligny. Avant qu'il ne
devienne le panier de l'INSEE, celui de la
ménagère, ce panier sauvage n'est autre que
l'ultrachose de Merleau-Ponty, la chose
inépuisable, insaisissable, la chair. Cette
ultrachose, je l'appelle la chose sans arrêt, ce
berceau de la chair où repose la quiétude
insexuelle.
Des choses sans
arrêt il y en a surtout une, la mère. Sauf
qu’elle ne roule pas ses galets mais ses
lolos.
Avec elle, on boit toujours du petit lait. Alors
en atelier, avec les illettrés, qui sont dans le
sans arrêt, on materne les formes, on ne les
exécute pas. On les prolonge, on les fait vivre
plus longtemps, on leur donne du souffle. Il
s'agit de déjouer les formes qui la bouclent. On
n'appuie pas trop sur ces choses, on les tapote,
on les tripote. On ne se crispe pas, en
caressant la feuille dans le sens du poil, on
évite le hérissement de la chair. Pour cela on
utilise la plume d'oiseau, mais à l'envers.
Tandis qu'on la tient par le calamus, les barbes
imprégnées d'encre de chine, échappant à la
force du poignet, nous mènent où elles veulent.
Alors le trait se faisant ligne zigzagante, on
laisse filer... comme disait Michaux : on
laisse rêver la ligne. On pelote ce fil
jusqu'à ce que n'en pouvant plus de zigzaguer,
il se fasse trait. Dans les ateliers on ne fait
que ça, tourner autour du trait séparateur,
celui qui sidère les illettrés.
La quiétude
insexuelle
est craintive, elle ne sort pas en droite ligne
ainsi qu'un trait. Les ateliers commencent
toujours par une inquiétude... je ne sais pas
tracer me dit-on, ce que je comprends, je ne
veux pas tracer. Alors on prend une feuille
blanche, on la froisse, on la met en boule. Ce
geste, tout le monde veut bien le faire. Puis on
la déplie, on la défroisse, avec la main on
l'étale bien, on la lisse... et apparaissent des
pliures, des nervures. On frotte par dessus avec
du fusain noir, ce qui révèle un fourmillement
de lignes. On change les couleurs, on les
mélange, on les superpose... on laisse filer les
lignes.
A les voir
jouer avec ce plié-déplié, je pense à ces
enfants qui passent des heures à jouer avec un
interrupteur électrique. Ce croisement du
visible et de l'invisible, du plié et du
déplié... c'est le chiasme, là où le
corps est à vif. Quand le corps en est là, sur
le qui-vive, au plus tendre de la chair... il
n'est pas souhaitable que le désir d'écriture
soit mené à la dure. Ce n'est pas parce que
ça presse d'écrire qu'il faut forcer à
écrire avec application. Au contraire, il faut
que ça rate, et justement il ne faut pas se
gêner puisque l'écriture c'est le lieu même de
la rature. Il faut litteraturer, tracer de
traviole, jouer de la biffure, de la rayure, de
la raclure, de la macule. Il faut peloter la
ligne jusqu'à ce que monte le trait générateur
de signes. La main baladeuse danse sur la
feuille... c'est une parade, une chorégraphie
amoureuse, afin que ces texticules
adviennent un jour à l'écriture.
Ces
texticules pour que ceci soit mon corps,
pour que ceci soit mon sang. Il s'agit de
ressusciter, re-susciter l'être perdu d'avoir
perdu la lettre. Redonner du corps à la lettre
c'est la réincarnation du savoir. Barthes,
encore lui, disait que la langue est fasciste,
elle n'empêche pas de dire, elle oblige à dire,
à cause de sa performance, de sa productivité.
En somme trop
polie pour être honnête, qui pourrait aussi se
dire ici, trop pressée pour être honnête. Nous
revoilà à la transmission du savoir, au pressé.
Il est une expression qui dit faire vinaigre
pour se dépêcher, s'activer. Alors là, je pense
à la bonne mère, pas celle de Winnicott
qui n'est qu'assez bonne, mais à celle de Lacan,
celle de son enfance quand il était du côté
d'Orléans. Il savait bien qu'il fallait une
bonne mère pour faire vinaigre.
Pour
l'illettré, comme pour le petit a prenant,
les choses doivent tourner au vinaigre mais pas
sans cette bonne mère. Ce n'est pas parce qu'il
est sorti de l'ultrachose qu'il en est
exclu, réduit à n'être qu'un petit chose,
c'est à dire réduit à sa plus simple expression.
Il est souhaitable de lui laisser du ressort,
qu'entre le plié et le déplié il puisse
s'accorder, j'allais dire s'accordéonner.
De la musique avant toute chose. Il faut
qu'il soit réglé certes, mais comme du papier à
musique, qu'il garde pareillement que Boudu cet
art de la fugue. Une petite musique qui
humanisera le fonctionnement et mettra du jeu
dans la machine à influencer.
Alain Caucat,
art-thérapeute
Membre de Lituraterre
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